nature

Extrait du livre " C'est quoi un psy ? "- éditions Dervy

...doit-on lui suggérer, en 2016, d’arrêter la guerre et de chercher la paix? Nous pensions qu'il oserait le faire, spontanément. Regardons les animaux, capables de tendresse, de soutien, d'entraide. Nous avons copié leurs qualités pour construire des avions, des armes, des machines à tuer, à étendre notre illusoire pouvoir sur la Création, mais leur capacité d'attachement, leur esprit de clan, leur solidarité, qu'en avons-nous fait? Réveillons-nous, être humains! Tentons jour après jour, de mériter notre appellation. Soyons dignes des capacités que la nature a modelées en nous, avant que les guerres, les maladies et le désespoir n'aient éteint notre race. C'est cela, la " vraie vie ".

Aucun diplôme ni aucune inscription à un quelconque registre national ne sont requis pour décider de la pratiquer. .

 

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Conférence "Faire la paix avec le temps et ses cycles" à Bondues

Dans le cadre de la semaine des Seniors à Bondues , je donnerai une conférence sur le thème :

"Faire la paix avec le temps et ses cycles"

"Notre bonheur et notre bien-être s'avèrent être les points d'intersection entre nos désirs et la réalité.

Nous voulons accomplir mais , parfois, ne pouvons pas..

Nous devrions faire mais n'en avons pas envie...

Il nous faudrait réussir à... mais notre corps s'y refuse...

Comment, alors ,pouvons-nous concilier nos rêves et la réalité? Nos envies et les rythmes de notre corps? Et si nous décidions, enfin, d'aller nous rencontrer ,tels que nous sommes, afin de vraiment faire équipe avec notre réalité?

Je vous proposerai quelques petites expériences ludiques sur ce thème, destinées à pacifier notre rapport avec nous-même, le temps , et la réalité. "

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Faire la paix avec la mort

Merci de partager l'information 

Faire la paix avec la mort...

Ce sera le thème de ma prochaine émission en direct

sur Radio Terra Zen le 1er Novembre 2016
de 21 h30 à 22 h30 

Comment appréhender cette notion si abstraite, tant qu'on n'est pas mort soi-même...
Faire la paix avec nos morts, notre mort, mais aussi toutes ces morts symboliques que la vie nous invite à expérimenter tout au long de notre parcours.

Un parcours animé qui, de renaissance en renaissance, nous amène toujours au plus proche de l'essentiel.

Envoyez-nous vos questions sur emissionrtz-psychologie@outlook.fr

Extrait du livre « Découvrez votre animal totem « - éditions Ellébore

N'oubliez jamais que dans le monde de la psyché , comme dans la plupart des mondes , chaque concept fonctionne en miroir de son opposé . Écoutez donc autant votre intuition vous parler des animaux que vous adorez , que de ceux que vous détestez , car les aversions nous indiquent souvent des aspect de nous que nous refusons d'assumer et que nous projetons régulièrement sur les autres , jusqu'à ce que nous acceptons de les intégrer .

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Extrait du livre " Découvrez votre animal totem " - éditions Ellébore

Vous est-il arrivé , au détour d'une conversation apparemment anodine , d'avoir l'impression que votre interlocuteur , sans même en avoir conscience , etait en train de vous délivrer un message personnel ou de vous fournir la réponse à une question qui vous préoccupait ?

Si ce n'est pas encore le cas , je vous invite dorénavant à ouvrir grandes vos oreilles car notre vie est jonchée de panneaux indicateurs , parfois évidents , d'autres fois plus subtils , qui prennent la forme de paroles ou de messages " personnels " .

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Le retour de loup

Le retour de Loup.

Loup nous revient depuis quelques jours. Il a couru si vite et si loin que certains ont perdu sa trace et se trouvent perdus dans leurs choix, à travers les nombreuses voies qui s'ouvrent à eux. Trop de possibilités freinent parfois l'élan de départ de peur de ne pas avoir pris la bonne route. Alors, aussi puissant qu'est pu être votre nettoyage, votre cheminement de Lumière depuis ces dernières semaines, il n'est pas une punition de prendre son temps pour retrouver les petits cailloux semés par Maître Loup, fougueux Animal qui revient toujours recueillir ceux qui ne court pas aussi vite que lui. Ne croyez pas que vous êtes oubliés ou mis de côté, moins importants ou moins qualifiés que les autres. Vous n'êtes pas moins aimés par votre Créateur. Loup est aussi un passeur d'âmes. Il doit s'occuper de conduire en même temps des êtres incarnés et montrer le chemin pour les êtres éthériques. Il fait donc de nombreux allers retours sans jamais se fatiguer. Il est vrai que durant ces périodes d'éloignement, il peut nous paraître long le temps qui s'écoule sans que rien ne s'enclenche rapidement comme nous le souhaiterions, mais croyez bien que Loup entend vos suppliques et garde en mémoire vos paroles. Il vous reviendra peu après pour répondre à vos demandes, selon les lois de l'ordre divin.

Loup revient, et avec lui les beaux jours de la renaissance du printemps. Patience. Il vous guide.

Tendrement,


Plume 

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Extrait du livre " Découvrez votre animal totem " - éditions Ellébore

Ne nous laissons pas intimider par nos émotions et tâchons de ne pas restreindre notre champ d’expériences en décrétant telle aventure positive et telle autre négative . Comme nous l'enseignait Jiddu Krishnamurti ,il faut rester ouvert à l'inconnu pour que la vie puisse réellement nous rencontrer dans tout ce qu'elle a de plus merveilleux .

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Extrait du livre " Petit manuel de vie - pour éviter 10 ans de psy ! "

En effet , se réconcilier avec le monde en passant par une rencontre sensorielle avec la nature est , in fine , une possibilité de faire silence pour aller écouter sa propre âme . La nature ne nous juge pas . elle nous offre un spectacle suffisamment animé pour combler nos vides intérieurs et apaiser nos angoisses , mais aussi un espace suffisant pour que nous puissions entendre les émotions qui nous étreignent .

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Extrait du livre " Le pouvoir d’être heureux " - éditions Bussière

Si aujourd'hui ...

... j'éprouve des regrets en pensant à toutes ces choses que je n'ai pas réalisées , je reste prisonnier(e) du passé et toute perspective d'avenir m'est alors refusée .

Il est vrai que le temps passe , et que toutes les occasions non saisies ne se reproduiront jamais à l’identique .Pourtant , à chaque instant , de nombreuses possibilités de réalisation s'offrent à moi , pour peu que je veuille bien les considérer avec attention .

 

Je décide ...

... de ne plus m'encombrer de souffrances inutiles , et de devenir enfin acteur(trice) de mon destin . A cet instant précis , la vie m'offre l'opportunité d'énoncer un souhait , de prendre un de mes rêves au sérieux , et de décider de tout mettre en oeuvre pour le réaliser .

 

Mon médi-mantra :

Maintenant , j'oeuvre à réaliser un de mes rêves .

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L'arc-en-ciel qui voulait entrer dans le cœur des gens.

Il était une fois un arc-en-ciel qui voulait entrer dans le coeur des gens.

 

 Il trouvait que le coeur des gens était terne et triste et il avait envie de mettre plein de couleurs dedans ; mais chaque fois qu'il voulait s'approcher, il trouvait porte close. Tous les coeurs qu'il rencontrait étaient fermés à double tour. Et plus les coeurs étaient fermés, plus il insistait. Et plus il insistait, plus les coeurs se fermaient. Il déploya ainsi longtemps son énergie à vouloir forcer le coeur des gens, au point de se retrouver épuisé, au point de ternir ses propres couleurs. Il se demandait si les gens ne voulaient surtout rien recevoir de peur de devoir donner. Peut-être ne sont-ils pas prêts à recevoir ; peut-être ne sont-ils pas prêts à donner, se disait-il.

 

 Quand il s'en retourna au pays des arcs-en-ciel, découragé et triste, ses pensées encore tournées vers tous ces gens fermés à l'amour des couleurs et aux couleurs de l'amour, il croisa ce qui lui sembla être les restes d'un arc-en-ciel ; ce dernier, en effet, était tout délavé, tout pâle, bref, il avait une bien mauvaise mine. Celui-ci lui raconta alors que l'envie lui était venue, à lui aussi, d'aller dans le coeur des gens, et qu'il en était revenu dans cet état-là, vidé de ses couleurs, vidé de ses forces. C'était comme s'il avait traversé le plus effroyable des orages.

 

 Il raconta que les coeurs qu'il avait visités avaient bien accueilli son idée de partage des couleurs, mais qu'en fait, l'idée de partage ne leur suffisait pas, ils voulaient tout prendre, ils en voulaient encore des couleurs, et ils en voulaient d'autres, ils voulaient toutes les couleurs, même celles qui étaient vitales pour l'arc-en-ciel. Et à donner sans compter, l'arc-en-ciel avait fini par mettre sa propre vie en danger et il avait dû fuir ces coeurs-là pour aller se refaire une santé dans le pays des arcs-en-ciel.

 

 Et les deux arcs-en-ciel se racontèrent ainsi leur excursion dans le monde du coeur des gens et l'expérience que, chacun à sa manière, ils avaient vécue. Et ils se racontèrent leur vie, surpris de ne s'être pas rencontrés plus tôt dans le pays des arcs-en-ciel. Il faut dire que le pays des arcs-en-ciel est très grand.

 

 Et après avoir longuement partagé leur ressenti au contact de certains coeurs humains, les deux arcs-en-ciel arrivèrent à la conclusion que c'était orgueilleux de leur part que de vouloir mettre leurs couleurs dans le coeur des gens, qu'il était plus humble, quoique difficile, de laisser chaque coeur humain créer, à son rythme, ses propres couleurs.

 

C'est ainsi que les deux arcs-en-ciel renoncèrent à leur désir de mettre des couleurs dans le coeur des gens et ne s'occupèrent plus, dans le pays merveilleux des arcs-en-ciel, et non sans une pensée et une prière pour leurs frères humains, que de maintenir leurs propres couleurs dans leur plus bel éclat.

 

Patricia Belardinelli

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Extrait du livre " L'Âme des heures " - collection Sajat

La danse

Regardez nos atomes mouvants dans la danse

Le feu épidermique , les robes corollées

Les imaginations charnelles qui s’élancent

Et , tournant sur la piste , pourraient s'envoler

 

Vers un lointain passé plus vrai , plus extatique

Où le cœur et le corps n’étaient pas divorcés

Nos ancêtres allumaient leur os à la musique

Du mouvement de l'onde , et des sillons tracés

 

Sur une terre honnête . Et rien n’était tabou

Ni le bonheur ni l'homme ne restaient cachés

Qu'avons-nous fait de nous ? Nés de souffle et de boue

Où dorment nos entrailles ? Nous sommes attachés

 

A nos intelligences , pauvres devantures

Désertées de nos sens pour mieux nous affadir

Je me roule dans l'air , je dors dans la nature

Et je vais transpirer , danser , ne pas mourir

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Une rencontre avec un jeune loup

 

Fin septembre dans le Ventoux, c’est ta première sortie d’observation pour localiser les acteurs de ta future pièce de théâtre numérique, je veux parler des cerfs que tu aimes tant aussi.

Lorsque les températures chutent et que les couleurs tournent, les forêts du Ventoux commencent à résonner des râles rauques de quelques grands mâles en quête d’amours.

Par expérience, ce vendredi … de septembre, vers 18 heures, tu sais qu’il fait encore trop chaud et que le brame ne fait que commencer, pourtant tu décides d’y aller quand même...

Après 25 minutes de marche ascensionnelle pénible en sous-bois, tu décides de t’arrêter un moment pour reprendre ton souffle mais surtout pour observer longuement. A peine immobile, des dizaines de mouches viennent te coller le visage, signe de surchauffe durant ton ascension que tu as exécutée trop couvert comme à ton habitude.

Je te croyais plus affûté que cela, toi le photographe…

C'est à ce moment-là que ton odeur m'est parvenue. Inquiète pour les miens, je vais te suivre.

Un regard circulaire acéré te fait te souvenir de chacune des clairières où tes nombreuses rencontres éphémères ont eu lieu les années précédentes... Et si le douze cors était encore là cette année ? Pourtant, pas de traces d'une place ni de son passage et peu d’empreintes sur le sol récemment raviné par les derniers orages violents. Conscient que ce sont souvent tes déplacements qui trahissent ta présence, je sais que déjà tu t'interroges : « c’est surprenant que je n'ai dérangé aucune biche ni croisé aucun jeune cerf. Mais où sont ils ? »

Dix longues minutes, stériles, passent ainsi... La lumière baisse encore quand la combe en face de nous se met à s'animer de bruits de pierres retournées. Un, puis cinq, dix, vingt, une trentaine de sangliers en quête de nourriture soulèvent avec leur nez le maigre tapis de sol composé d’un peu d’humus parfois habité et de beaucoup de calcaire en plaques éclatées.

Tu décides alors de les approcher : faute de grives, on mange des merles ! Cela te prendra alors 10 bonnes minutes et tu vas te retrouver pratiquement au cœur la harde...

Je t'observe : toutes mes félicitations, un vrai chasseur tu es devenu !

Tu es parfois même tellement près, à moins de 10 mètres de certains, que les courants d'air et ton odeur d’homme finisse une nouvelle fois par te trahir. Un grognement et les voilà en train de fuir bruyamment.

Tu décides alors, en revenant à ta quête première, de te diriger vers une de tes places préférées. Même si tu n y as jamais réussi de grandes photos, ce lieu a toujours été pour toi riche de promesses : beaux décors, paysage magique avec le sommet du Ventoux comme sublime arrière-plan.

Tu décides alors patience, immobilité et observations silencieuses afin de tenter de déceler enfin la présence d'un cervidé. Les minutes passent...Rien !

Plus que quelques secondes et le disque solaire disparaîtra sous la grande aile du Ventoux. Tu montes bien sûr en iso en anticipant une prise de vue éventuelle : 1600 iso et F4 te permettront d’assurer une photo mais pour cela il te faudrait beaucoup de chance, mais tu ne le sais pas encore, car à part nous...

Tous tes sens sont en alerte. Pourtant tu ne décèles pas d’odeur particulière ni de trace laissée sur les branches des chênes ni sur les rares pins. Aucun indice de présence, c’est pourtant bien le début du brame. Connaissant parfaitement le secteur, tu décides de t’enfoncer davantage encore dans les bois sans doute pour maintenant provoquer une rencontre. C'est alors que je me décide à te rapprocher, car mon inquiétude parentale croît. Quel sens te guide maintenant et pourquoi prends-tu cette direction ? Instinct des hommes ou hasard bienveillant ? Je ne le saurais jamais.

Un vent plus frais vient alors te refroidir le visage et le corps tout entier. Tu avances face à lui. Il est pour toi une aubaine car dans ta progression, ton odeur ne trahira désormais plus ta présence. Seuls tes mouvements au ralenti et le bruit amorti de tes pas dans le sous-bois peuvent te trahir.

Tu avances alors comme l'un des nôtres en chasse, un pas, au ralenti, puis un autre ; le lourd trépied garni comme un bouclier devant toi. Ce que tu ignores, c'est que nous sommes établis ici depuis quelques semaines et que ne trouveras pas ce que tu cherches. Tu récidives doucement, un nouveau pas et encore un autre... lorsque ce que je redoutais va se produire, un mouvement furtif gris et roux à la fois attire tes yeux à une vingtaine de mètres devant toi.

L'imprudent ...!

Chien ou renard roux? Non tu es sûr de toi. Pas un charbonnier non plus.

Le temps de faire plus vite quelques pas et de scruter à nouveau dans la direction de cet éclair disparaissant, tu prends vite toute la dimension de l’animal qui est devant toi.

Il continue de marcher en s’éloignant de toi, avec un pas quasi dansant et à chaque fois qu’il pose une patte au sol, tu dois le trouver encore maladroit, pataud, comme si il y avait une disproportion entre la taille de ses pattes et le reste de son corps. Moi, je le trouve élégant, mais pas assez méfiant. Je n'ai pas terminé son éducation, il ne sait pas encore qu'une odeur peut en cacher une autre.

Son dos est gris comme celui d’un lièvre, le derrière de ses oreilles fines et pointues d’un roux de lièvre aussi, sa queue est courte et relativement fine.

Il file, il file devant toi puis sa trajectoire s’arrondit pour disparaître...

La scène qui a duré une dizaine de secondes a du te paraître une belle éternité gaspillée. Longtemps, quand tu essaieras de revivre ces instants au ralenti, tu te demanderas pourquoi la stupeur ressentie a pu te distraire au point de ne pas en avoir une trace photographique.

Moi, je t’observe de plus près encore mais tu es tellement captivé par mon fils qui sans doute me cherche que tu n'imagines même pas ma présence.

Tu essaies de t'adapter en te déplaçant encore à pas feutrés et te mettant en mode réglage manuel car la lumière décline encore et le sous-bois devient de plus en plus épais, des troncs de chênes blancs recouverts de lichens moussus doivent t'empêcher de faire la photo de tes rêves..

C'est seulement maintenant que l'odeur âcre et forte de l'un de nos derniers festins doit t’envahir les narines. Blaireau, cerf en rut ou animal en décomposition, tu hésites et tu cherches du regard, autour de toi. Tu prends enfin conscience que tu approches d'une scène de crime...Tu ne vois toujours rien, même pas mes yeux ni ma silhouette là, juste derrière toi... Soudain, c'est un petit hurlement, qui trahit sa présence avec certitude et qui te permet à nouveau de le localiser avec précision.

Il se tient là, confiant, assis, ignore ta présence et regarde devant lui en te tournant le dos, le nez au vent en hurlotant quelques secondes une mélodie que tu dois trouver lugubre.

Maintenant, à 40 m environ de toi, mon jeune fils écoute... une aubaine pour toi, sans doute le temps de faire quelques photos flous à travers les troncs serrés, depuis la position inconfortable que tu occupes, tes pieds glissant sur le sol trempé.

Impossible de réussir j’imagine une mise au point correcte : trop d’obstacles entre lui et toi ; pourtant tu persévères.

Il simule à nouveau un hurlement mais cette fois, aucun son ne sort de sa gorge levée au ciel. Il finit par regarder de côté t’offrant ainsi une zone de mise au point plus grande et tu sais en le regardant que tu peux alors espérer réaliser une photo plus nette...

Non, tu ne rêves pas ! ... C'est le brame d'un cerf au loin qui te fait retourner à la réalité.

Déjà presque 3 minutes que tu es en notre présence...

Il reprend alors son pas dansant tel un jeune chiot au pas lourd et disparaît définitivement pour toi.

Tu espères encore le revoir et tu te décales de quelques mètres quand tu comprends enfin la cause de cette odeur tenace qui te prend maintenant à la gorge et qui devient insupportable.

Un magnifique dix cors est allongé sur le sol à moitié dévoré. C'est lui qui dégage cette odeur poivrée musquée caractéristique de ces grands animaux morts.

C’est notre garde-manger. Il était si faible ce cerf que pour nous ce fut une vrai opportunité.

Toi le photographe passionné je t’ai laissé t’approcher et rencontrer un membre de ma famille, mais sois prudent, fais bien attention à qui tu montreras sa photo.

En 2010, dans les carnets du Ventoux, je te disais déjà « Il y a ceux, qui, en bandes, habillés en fluo me voient comme un concurrent et me tirent souvent comme un vulgaire sanglier, ceux avec un bâton à la main qui m’accusent, sans procès, de décimer leurs troupeaux alors que des chiens sans collier errent affamés dans leur périmètre. »

Les choses ne se sont pas améliorées bien au contraire, nos cousins les plus proches, que vous appelez parfois les « loups tchèques » qui sont dans vos foyers chassent et tuent pas plaisir et nous font accuser de tous les maux de la terre..

Souvent j'entends hurler ces loups-chiens et ils sont de plus en plus nombreux. Souviens-toi du récit de ton jeune ami photographe qui a été témoin oculaire, en août dernier, non loin d'ici, de cette mise à mort d'un sanglier de 30 kg par 2 loups-chiens.

Il y a 5 ans je te disais aussi « Toi le photographe qui me ressemble un peu, tu comprendras que nous ne sommes pas prêts à nous établir sur ce territoire occupé. Un jour alors dans des centaines de lunes, là-bas dans cet endroit que tu ne connais pas encore, et que tu découvriras peut être, je déclinerai ma vie de loup aux quatre saisons du Mont Ventoux ».

Les années ont passé, tu n’as pas encore découvert notre tanière mais tu viens, ce soir, de faire connaissance d'un de mes louveteaux, né pas très loin d'ici. Si je t’ai laissé le découvrir, c'est que ton approche secrète et discrète sur notre territoire me plaît.

Je t’ai entendu parler de nous et de toute la faune sauvage et je vois avec quelle minutie et quel respect tu parles de nous.

Mais, photographe, je t'implore ! Dis aux tiens de ne pas nous abattre comme des chiens galeux et de surveiller leurs loups chiens égorgeurs de troupeaux pas toujours bien surveillés.

Mais toi le photographe, tu pourras témoigner car tu n'es, hélas, pas le seul à nous avoir croisés...

 

Nicolas Ughetto 

 

http://www.nicolas-ughetto.com/

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