Les aventures d'Antoine.. suite

Extrait de "Un canard dans mon cabinet"

Editions Ellébore

Mardi 8 Juillet :

Un rêve étrange : Le canard Pataplouf ( que, cela dit, je n'avais pas imaginé de cette couleur en l'inventant ) , me souriait et me parlait. Ma mère apparaissait alors, grimaçante, et hurlait:

"Antoine, tu es fou, un canard ne parle pas!! Je le savais, à force de t'intéresser à des choses étranges, tu as sombré, quel malheur! Oh, mon fils, pauvre de moi, je suis maudite!!"

Parce que l'événement horrible, dans cette affaire, ne serait pas la souffrance de son fils, mais l'abominable malédiction  dont ma mère, victime, ne se remettrait pas, vous l'avez compris!

Cette incroyable capacité à retourner les situations et à transformer la victime en coupable est à mes yeux le comble de la perversité. Certains nuanceraient  ce jugement en se bornant à parler d'irresponsabilité, d'immaturité, puisque la maturité consiste à être capable de reconnaître ses choix, éventuellement ses erreurs, et les assumer. Pourtant, à mon avis, ma mère a déjà dépassé ce stade depuis longtermps: non contente de refuser d'assumer les conséquencse de ses actes, elle en accuse ceux qui en ont déjà pâti par sa faute.

La blessure devient alors double : d'abord, la victime n'est pas reconnue, sa souffrance et ses conséquences sont tout simplement niées, et ensuite on la trasforme en bourreau. On l'accuse. Retournement de situation.