Préface du " Le cri du corps"

Le cri du corps - A.-V. Herter

Si vous achetez ce livre, prévoyez votre soirée. Vous ne pourrez pas vous en détacher avant la dernière page. 

Merci à Anne-Véronique pour ce témoignage courageux et inspirant.

Et longue et belle vie à cet ouvrage, qui sortira le 3 Mai :

 

Couv herter

 

Ma préface :

 

Il faut du courage pour accepter de pleurer. Pour oser dire la souffrance dont on a été victime. Pour choisir d’extirper un à un ses démons, apaiser ses traumatismes, et dénoncer sans haine mais avec lucidité un système dans lequel on s’est laissé ( e )  broyer. Du courage, de l’intelligence, de l’humilité pour décortiquer, les uns après les autres, les différentes étapes qui, de l’adaptabilité et de la compétence, vous mènent à l’oubli de soi, à l’emprise, puis à la position de victime de maltraitance au quotidien.

Le livre que vous tenez entre les mains est le témoin de ce courage, de cette volonté de transmuter les blessures en perles, les mauvais souvenirs en ressources, et l’innommable en outil pour se trouver soi-même. Sortir de l’humiliation pour devenir, pas à pas, acteur de sa vie.

Il nous parle de « souffrance au travail ». Encore, et toujours, la souffrance au travail. Insidieuse, inévitable, institutionnalisée. Parce que depuis les premiers témoignages de ce fléau du troisième millénaire, les chiffres ont explosé. A l’heure où je rédige ces lignes, plus d’un tiers de mes patients sont concernés par ce drame. Je suis devenue, malgré moi, spécialiste de la « souffrance au travail ». Ce vocable regroupe une infinité de réalités : d’abord tout le cortège de symptômes physiques, émotionnels, nerveux, psychiques, moraux, existentiels, puis, après les cauchemars qui poussent certains au suicide, les questions fondamentales qui qui amènent un individu à remettre sa vie à plat, et se délivrer peu à peu de tous les masques que son expérience professionnelle l’avait contraint d’endosser.

Les ouvrages sur ce thème se multiplient, et les consultations de « souffrance au travail » « risques psycho-sociaux se multiplient aussi.

Mais ne vous y trompez pas : la « souffrance au travail » ne survient pas forcément lorsqu’on est aux prises avec un dangereux manipulateur. Le plus grand ennemi de notre santé est souvent nous-même : notre bonne volonté, notre enthousiasme, notre compétence, qui nous pousse à travailler comme on se drogue, pour finir épuisé (e ).

Mais cet ouvrage est particulier. Vous le lirez comme un roman. Il vous entraînera, comme il l’a fait avec moi, dans le monde intime de l’héroïne, jusqu’au dénouement final. A mesure que vous avancerez, vous serez parfois tenté d’oublier que ce livre est un témoignage. Vous essaierez probablement de vous convaincre que tout ça n’est pas réel. Et vous réussirez peut-être, ponctuellement,  à faire taire cette petite voix qui vous dit que les question qu’ « AV » se pose ressemblent de très près ( de TROP près) à celles qui vous empêchent parfois de dormir. Je pense que ce serait une erreur : la meilleure chose qui puisse vous arriver, à mon avis, est que vous vous laissiez toucher vraiment par ce récit, qui mêle adroitement témoignage, réflexion profonde, découvertes psychologiques, et propositions concrètes de solutions simples et éprouvées ;

Il faut du courage pour décrire la perte d’estime de soi, le gouffre dans lequel la maltraitance psychologique nous plonge, et les efforts démesurés pour tenir, tenir et tenir encore alors que notre corps nous hurle qu’il faut arrêter.

 

Anne-Véronique a eu ce courage-là : partager avec nous ce témoignage, ô combien intime, de ce que veut dire vraiment, de l’intérieur, « la souffrance au travail ». Car ce fléau n’est pas seulement une réalité sociologique, économique, sociale. C’est un mal tentaculaire, dont les ramifications s’appellent peur, burn-out, harcèlement, honte, sentiment d’échec, peur de mal faire, attaques de panique, et tant d’autres  causes et conséquences qui ne sont que les symptômes visibles d’une société qui est tombée sur la tête.

 

En fait, ce livre me paraît une aubaine : il nous livre des clefs essentielles sur les remèdes dont notre société a besoin pour s’extraire de la course infernale, du désir de toute-puissance, de sa manie de la compétition, de la sur-consommation ,de la réussite à tout prix : Il nous faut revenir à l’essentiel, faire attention à son corps, à ses relations, à ses rythmes.

Revenir à l’essentiel.

 

« À la vie à la mort. Tout est fort. Je n’ai jamais aussi vite aimé qu’ici. Je peux raconter ces amours, peut-être ne sont-ils pas accessibles quand on n’a pas vécu dans un endroit comme ça. »

 

Et si la souffrance au travail, lorsqu’elle est vécue à son paroxysme,  nous servait à ça : à accepter la dé-pression ? A réapprendre à aimer vraiment l’humain ? A  ne plus le considérer comme un instrument de profit, un outil de promotion sociale, ou un exutoire à ses frustrations, ses colères et ses haines ?

 

Je connais Anne-Véronique Herter. Et je suis convaincue d’une chose : cette femme est douée pour le bonheur. Elle a su comprendre que notre force est justement notre capacité à accepter nos limites, nos fragilités, notre vulnérabilité.

«  Ce n’est pas en regardant la lumière qu’on devient lumineux, mais en plongeant dans son obscurité. Mais ce travail est souvent désagréable, donc impopulaire. » Carl Gustav JUNG 

Or, il arrive souvent que les épreuves jouent ce rôle dans notre vie : nous entraîner à affronter nos fragilités. Unifier ainsi nos opposés. Servir d’initiation, au sens mystique du terme, pour nous débarrasser de tous les conditionnements qui nous restreignaient.

Je te souhaite, à toi lecteur, lectrice, d’oser retrouver, avec « AV », le sens de ta vie ; D’oser embrasser l’enfant qui, au fond de ton cœur, avait été relégué dans un placard par ce monde d’adultes qui se prennent trop au sérieux.

Le bonheur est quelque chose de très sérieux.

Moi qui accompagne depuis vingt ans des hommes et des femmes dans cette quête, je suis émue de constater qu’Anne-Véronique Herter déploie ses ailes et respire enfin. 

Voici le cadeau qu’elle vous offre dans ces pages : une porte vers la liberté.

 

Anne-Catherine Sabas

Psychanalyste, formatrice

Auteure de «  Triomphez de la souffrance au travail », «  Triomphez des manipulateurs » et «  Le pouvoir d’être heureux ».


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