Sacre

Vient un moment où nous sommes suffisamment en sécurité pour contempler le chemin parcouru. 

Où la fatigue extrême, mêlée à la reconnaissance envers celles et ceux qui nous ont tendu la main au pire moment, vient déferler et nous couper le souffle. 

Mais peu importe. Un espace de calme s'est ouvert, pour s'y reposer un peu. 

Les démons du passé, égaux à eux-mêmes, brandissent toujours leur venin comme une menace, mais un épais mur de brouillard nous en sépare. 

Nous mesurons, à cet instant, à quel point notre droiture a été notre force, et notre fidélité à la Voie notre havre de Paix. 

Le silence nous entoure. 

Nous sommes en vie, et nous n'avons pas failli, pas renoncé. 

Face à cette évidence, il nous semble indispensable de couvrir de gratitude nos alliés, nos amis. 

Puis, submergés par une onde, fatigue extrême mêlée de sainte admiration, nous croisons dans le miroir cet être que nous avons été, que nous sommes. Nous le pénétrons.  

Et une seule envie nous étreint : nous agenouiller pour lui laver les pieds de nos larmes.