18 - L’erreur est humaine

« L’erreur est humaine. Persévérer est diabolique. »

Proverbe Latin

Vous l’avez probablement remarqué, la question du pardon revient régulièrement dans mes chroniques. La raison en est simple : la façon dont nous vivons notre présent est en grande partie conditionnée par notre histoire passée, et en particulier la façon dont nous traitons nos blessures anciennes. Celles qui, croyons-nous, nous ont été infligées par les autres, mais pas seulement : notre rapport au présent est aussi alourdi, malgré nous, par notre conscience et ce qu’elle nous raconte.

Alors, avons-nous fait la paix avec notre histoire ? Notre inconscient abrite-t-il des remords, des regrets, des culpabilités ? Ou, au contraire, avons-nous fait ce qui était en notre pouvoir pour avoir la conscience tranquille ? Pouvons-nous nous regarder dans la glace avec bienveillance ? Ou nous accusons-nous… et le cas échéant, est-ce justifié ou non ?

Nous allons aujourd’hui nous intéresser à nos culpabilités justifiées. Parce que, nous l’avons compris, pardonner, c’est bien ; se pardonner, c’est bon pour la santé... mais pas n’importe comment. Ne rentrons pas ici dans le débat, ô combien dangereux, opposant les forces du Bien et du Mal. Car tout cela, avouons-le, est très subjectif. Ce qui est bien pour moi ne l’est pas forcément pour l’autre, et une souffrance infligée ne l’est pas forcément intentionnellement.

Mais intéressons-nous ici à ce qui est lié à notre conscience. Parce que, finalement, c’est avec elle que nous vivons, que nous évoluons, que nous nous levons, nous couchons. C’est elle qui nous suit quand nous voudrions dormir, et elle qui nous rappelle que nous sommes en paix avec nous-même lorsque l’expression cohérente de nos valeurs nous a coûté des amis ou des amours. Il est donc difficile d’y échapper, sauf au prix d’un clivage plus ou moins important de la personnalité. Les conséquences d’une culpabilité peuvent être désastreuses sur une vie : certains se font payer chèrement le mal qu’ils pensent avoir provoqué, et se rendent malheureux, ou malades, toute leur vie durant. Alors, si nous allions nous intéresser à nos culpabilités justifiées ?

En effet, nous trainons parfois, des années durant, le sentiment d’avoir mal fait, mal agi, ou provoqué des souffrances malgré nous. Que ce soit une parole prononcée dix ans plus tôt que nous regrettons, ou un acte accompli un peu hâtivement, et qui a causé du tort à quelqu’un que nous aimions, ou, à l’inverse, une attitude passive qui aurait entraîné des conséquences dommageables pour autrui, notre conscience est parfois polluée par des regrets, des remords dont ne nous réussissons pas à nous délivrer. Nous nous sentons coupables, et c’est parfois justifié.

Dans ces cas, plusieurs attitudes sont possibles : la fuite, le déni, ou le courage d’affronter ces souvenirs désagréables, et de tenter de les réécrire en réparant ce que nous pensons avoir mal fait.

Nous sommes tous susceptibles de commettre des erreurs, et ce malgré notre bonne volonté ou notre bienveillance. Rappelons-nous qu’il est souvent possible de réparer nos maladresses, et que demander pardon à autrui peut être très thérapeutique, pour nous comme pour celui ou celle que nous avons lésé.

Ainsi, il arrive que nous éprouvions le besoin de contacter des êtres qui ont compté pour nous dans le passé, pour nous soulager de notre culpabilité à leur égard. Cette démarche est très utile pour nous soulager, mais peut être aussi profondément réparatrice pour l’autre. Et si notre culpabilité n’est pas justifiée, nous aurons la joie d’apprendre, de la bouche de l’intéressé, qu’aucun dommage n’a réellement eu lieu, et que nous nous sommes rendus malade des années durant…pour rien !

Qu’avons-nous à y perdre ? N’est-ce pas une preuve de maturité et de sagesse que de reconnaître que, parfois, nous avons peur d’avoir mal fait ? Nous sommes humains, après tout, donc perfectibles ?

Demander pardon n’est pas toujours facile pour notre égo : nous avons peur de perdre la face, ou de nous renier nous-même. Mais pouvons-nous dire, simplement : « Je suis désolé(e) de t’avoir blessé(e), ce n’était pas mon intention ? »

La simple expression de notre bienveillance, et surtout de notre humilité, peut parfois provoquer des miracles. Alors, ne nous privons pas de ces occasions de faire la paix avec l’autre, mais aussi avec nous-même.

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