27 - Faire la paix avec nos douleurs

" Un être humain est libre aussitôt qu'il accepte les frontières de son corps et de son esprit".  

Michel Conte

N'EST-CE PAS NORMAL D'EVITER DE SOUFFRIR? 

Faire la paix avec nos douleurs? Quelle drôle d'idée ! 

Nous tentons tous d’éviter de sentir nos souffrances, nos douleurs, car elles sont désagréables. Parfois même elles nous semblent insupportables, et nous faisons tout pour les éviter. Ce qui a permis à la médecine des progrès considérables: tout est fait pour éviter d'avoir mal, des antalgiques aux soins palliatifs, en passant par une panoplie de remèdes dont les effets secondaires sont parfois désastreux. 

Au niveau psychique, même procédé : on prend des antidépresseurs, des anxyolitiques, des neuroleptiques, des somnifères, des régulateurs de l’humeur. La France en est le premier consommateur. Notre cerveau est lui-même programmé pour nous éviter la souffrance, et dispose de mécanismes très bien rôdés : entre autres, le refoulement, le déni, le clivage, pour ne citer que les plus connus. Le sens commun appelle ça  «  la politiques de l’autruche ». Ne pas voir, ne pas sentir, pour ne pas souffrir. 

Nous n’aimons pas souffrir. Et comme nos organes des sens nous le rappellent, la vie nous expose continuellement à la souffrance. De plus, nous avons tendance à nous souvenir plus facilement d’un moment désagréable que d’un moment agréable. Mais, entre l’attitude qui consisterait à fuir nos douleurs de peur qu’elles ne nous tuent, et les ressasser sans cesse au risque de les renforcer, il y a une attitude intermédiaire, sage et utile pour notre santé physique, psychique, et celle de notre vie en général.

« Le pessimiste se plaint du vent. L’optimiste espère qu’il change. Le réaliste ajuste ses voiles ». William Arthur Ward

FAIRE LA PAIX AVEC NOS DOULEURS , N'EST-CE PAS RISQUER DE LES RENFORCER ? 

NOS PENSEES SONT CREATRICES

La science le reconnaît:  nos pensées jouent un rôle primordial dans notre santé et notre équilibre en général.  Si nous ressassons ce qui ne va pas, nous ne faisons que le renforcer. C’est vrai. «  Le pessimiste se plaint du vent », et ainsi finit par ne plus pouvoir en détourner son attention. Quand on souffre, tout va mal. Notre pensée est obsédée, et on cherche en vain des remèdes. Notre douleur initiale se double alors d’un épuisement psychique.

Mais comment réussir à ne pas créer notre propre malheur lorsque notre paysage intérieur est déjà abîmé par une douleur ?

Il nous faut envisager de «  faire la paix avec nos douleurs », autrement que dans une perspective masochiste. Il n’est pas question de nous entraîner à aimer nos douleurs, à les rechercher, à les développer, ou à les renforcer en fixant notre attention sur elles en permanence.

«  Le travail de la pensée ressemble au forage d’un puits. L’eau est trouble d’abord, puis elle se clarifie. » Proverbe chinois

Ce qui signifie que cet état passager de trouble est indissociable de l’action de forer. En gros, nous ne pouvons aller creuser, chercher, guérir, sans passer par un moment de contact avec le trouble, avec les affects ou souvenirs désagréables. Retrouver les souvenirs, le moment où le traumatisme a eu lieu ou, au niveau physique, localiser précisément dans notre corps là où ça fait mal.

Y A-T-IL QUELQUE CHOSE D'INTERESSANT DERRIERE LA DOULEUR? 

ACCEPTER L’EAU TROUBLE

Pour reprendre notre citation du début : si nous comparons la douleur, la souffrance, à ce vent dont on peut se plaindre, nous dirons que la première façon de faire la paix avec nos douleurs est d’abord d’accepter de les regarder.

C’est ce qui se passe quand on va consulter. Qu'il s'agisse du médecin du corps ou de l’âme, aucun diagnostic ne pourra être posé si on ne commence pas par faire un état des lieux. Et c’est souvent ce que nous rechignons à faire. Comme si le fait de nommer une maladie ou une douleur risquait de la renforcer ou de la fixer pour l’éternité. Non. Une douleur est comme une porte. Un passage tout d’abord obstrué, que nous avons ignoré, et qui, si nous l’ouvrons, pourra nous conduire vers une autre dimension, un autre rythme, une autre vie. Quand nous voulons changer de pièce, nous ne restons pas sur la pas de la porte, non ? La porte est un moyen pour aller « autre part ». Et c’est à ça que la douleur nous convie : aller autre part, et surtout autrement.

Accepter l’eau trouble , c’est donc accepter de réaliser que l’état d’équilibre de notre corps, de notre vie, est rompu, et que nous pouvons néanmoins élaborer une nouvelle façon d’être au monde.

Parce que, finalement, la vie et la mort sont plus fortes que nous, non ? La vie ne se pliera pas à nos volontés, et tôt ou tard c’est l’inverse qui se produira. Quelle aventure !! Nous ne pouvons changer totalement les réalités physiologiques, psychologiques, émotionnelles , inhérentes à notre condition. Par exemple, si nous perdons un être cher, nous sommes tristes  C’est normal. Si nous mangeons trop de chocolat, nous avons mal au ventre. Normal aussi. Mais si nous acceptons ces lois naturelles, nous pourrons apprendre à les accompagner au mieux. Faire la paix, ce n’est pas vouloir détruire  un adversaire, ou "gagner à tout prix". C’est apprendre enfin à respecter la réalité, et ses lois. 

Et cette réalité , c’est que la vie nous confronte à des souffrances. Rappelons au passage que c’est cette constatation qui amena le Prince Shakyamouni à quitter un destin apparemment tout tracé pour partir à la quête du moyen de soulager la souffrance. Et il devint le Bouddha.

« Nous sommes profondément blessés quand on ne nous respecte pas. Pourtant, au fond de son cœur, aucun homme ne se respecte beaucoup lui-même ». Mark Twain

FAUT-IL S'ECOUTER POUR ALLER MIEUX? OU AU CONTRAIRE FAIRE COMME SI TOUT ALLAIT BIEN ?

ECOUTER NOS DOULEURS :

Elles sont un signal à prendre en compte :

  • Douleurs physiques
  • Douleurs psychiques

Nous sommes habitués à faire la guerre avec elles: les nier, les combattre, les refuser, les rejeter...

Ce qui nous empêche de les guérir, et de prendre en compte leur message! 

Alors, je vous propose d'aller enfin poser un regard bienveillant sur nos maux physiques comme psychiques. Nos petits bobos comme nos grands traumatismes.

Quelques exemples :

Les signaux physiques : Maux divers qui nous invitent, à ralentir, à modifier nos conditions de travail, de literie… Nous mettre à pratiquer une activité régulière, ou au contraire diminuer nos efforts physiques lorsque notre corps a besoin de recharger ses batteries. La douleur physique est donc le signal qui va nous permettre un retour à la santé. Retrouver une hygiène de vie, ne pas manger trop de chocolat, pour reprendre l'exemple cité précédemment...

Les maux émotionnels : Nous permettent de prendre conscience d’une situation. La tristesse dans une situation de deuil, la colère lorsque nous sommes maltraités, etc…La douleur émotionnelle est donc celle qui nous permettra de changer notre positionnement intérieur par rapport à une situation,               après avoir accepté le processus de digestion de notre expérience. 

Nos maux psychiques : rumination, pensées obsédantes, jugements sur nous-mêmes, etc… nous indiquent quelle sphère de notre vie nous devons guérir. Comment élaborer une nouvelle image de nous, une nouvelle façon d’être au monde…Ils sont donc le point de départ à une réflexion consciente qui nous permettra de trouver des solutions concrètes à des problèmes précis. Ecouter nos douleurs, et faire la paix avec elle, c'est donc retrouver le pouvoir de changer, de modifier ce quui ne nous convient plus. 

GUERIR 

Hippocrate, le grand médecin grec considéré comme le « père de la Médecine », nous dit :

«  La crise de guérison, c’est une période de régression, ce qui veut dire en réalité un processus de retour à la santé, vers la condition originelle de l’être ».

Alors, pour avancer dans ce retour vers nous, nous avons toujours les mêmes alliés : la bienveillance, la compassion, l’amour , le non-jugement. L’accueil  inconditionnel de ces mémoires désagréables que nous rencontrons en nous, pour pouvoir les laisser se dissoudre sous la chaleur de notre conscience bienveillante.

Je vous invite à aller regarder les vidéos des conférences ou émissions que j’ai faites sur le thème du pardon à soi et de la réconciliation. Vous y trouverez des outils concrets.

Et puis, nos stages dans lesquels vous pourrez expérimenter ces moments de retour vers soi, dans la paix et la douceur, sous le regard bienveillant d’autrui.

N'oublions pas, nous sommes notre meilleur ami(e). Soyons aussi un bon parent pour nous-même. Epargnons-nous, chouchoutons-nous. 

 

Pour vous accompagner sur ce chemin, voici mon dernier ouvrage : 

http://www.anne-catherine-sabas.com/pages/livres/livres-psy-pratiques/le-pouvoir-d-etre-heureux.html

 

 

Adresse du cabinet :

107 Ter Rue Dalayrac
94120 Fontenay-sous-Bois

Tel : 01 48 73 65 09

Notre cabinet est situé à Fontenay-sous-Bois à proximité des communes de Nogent-sur-Marne, Vincennes, Montreuil, Perreux-sur-Marne, Neuilly-Plaisance, Joinville-le-Pont, Rosny-sous-Bois, Bry-sur-Marne, Saint-Mandé et Créteil .

Départements Val-de-Marne (94) et Seine-Saint-Denis (93)